C’est par une onde que tout a commencé. Une vibration. De sa voix ou de sa guitare, les cordes qu’il met en jeu ont rassemblé la foule et donné le tempo de notre voyage d’un soir. Pendant plus de deux heures, en meneur de troupe, Jean-Michel a créé la rivière sur laquelle nous nous sommes laissés bercer. Des lueurs sombres de la crypte jusqu’aux éclats des jardins, nous avons fait de Grasse le terrain à explorer et surtout de l’histoire de la ville le cours à suivre.
Parmi les autres personnages de ce théâtre ambulant, Jean-Michel est dans son élément. Son art l’amène à la réalisation de lui-même : transmettre des histoires, des réflexions et des émotions à son public. À chaque étape de notre chemin, on ne peut pas s’empêcher de remarquer cette lueur, accompagnée de cette odeur : Jean-Michel a l’œil qui pétille et parfume l’air de son énergie.
Au bout de notre captivante aventure, nous voilà arrivés sur la place haute de la ville. Debout sur son piédestal, le regard fixé et présent, Jean-Michel joue ses dernières notes. Avec sa magie d’artiste, il semble avoir convoqué le paysage. En ce moment précis, au point le plus subtil de cette soirée d’été, la nuit est en train de se poser délicatement sur les reliefs et la mer, donnant un caractère solennel à cette scène finale.
Une fois le rideau fermé, Jean-Michel est resté là quelques instants, le sourire posé. Puis il a échangé avec le public. Il a laissé le feu du conteur logé en lui diluer ses derniers crépitements dans la nuit.
Jean-Michel a été le clown d’un soir. Pas n’importe lequel. Pas celui dont on a envie de se moquer, mais celui qui nous a embarqués.





























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