Dans la brume de novembre, je continuais de comprendre. Lancé dans un train de la capitale au sud, je témoignais de la nature environnante. C’était le matin. Sous l’effet du froid, j’aimais voir les plaines respirer par couches successives de bouts de nuages plus ou moins denses, traînant du sol jusqu’au ciel.
Le plus beau était à venir : un lever de soleil commençait à se coucher sur moi. L’horizon se dorait progressivement, amorçant progressivement l’apparition de l’astre. Puis, il se montra : cette boule de feu au milieu de la scène, qui permettait aux quelques reliefs de se parer de contours lumineux. Observant le spectacle, la musique dans les oreilles, je ne pouvais que m’émerveiller de ce moment. Sa composition, sa beauté et son intransigeante éphémérité le sublimaient.
Je sentais l’émotion me saisir les yeux et la gorge. Insignifiantes pour la plupart de mes voisins de train, ces quelques secondes étaient pour moi un trésor. Je reconnaissais une fois de plus la relation étroite entre ma structure interne et ce qui m’entourait : les vents inspirants qui circulaient en moi se nourrissaient de tous les brins d’énergie que leur soufflait le monde.
Dans la brume de novembre, je me vitalisais. Dans la brume de novembre, je m’affirmais.





























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