Les paysages défilent, immaculés d’un vaste manteau neigeux.
Le blanc du nord, venu caresser la plaine dans une démarche de séduction nocturne, s’est finalement endormi au petit matin, tendrement enlacé autour des reliefs de sa muse.
Rattrapé par la tourmente d’une période qui s’achève, mon esprit se dérobe de cette étreinte glacée pendant un instant. Cette vision de territoire blanc me renvoie tout d’un coup aux pages vierges de ma vie sur lesquelles je dois donner le tempo de mon nouveau départ.
Dans les étendues portées à mon regard, les épais nuages empêchent le soleil de coucher sa lumière sur la toile infinie que forme l’horizon. Dérangé dans sa création artistique, l’astre en est réduit à peindre un début de journée en noir et blanc.
Mettant à nouveau en exergue sa gêne volontaire, le ciel joue toutes ses cartes en diffusant une brume musardante. En mélangeant teintes et contours, celle-ci donne une tournure grisâtre à la scène. Triste d’avoir dû quitter mes amis à l’autre bout de la ligne, j’accueille ce tableau comme l’expression la plus parfaite de la monochromie qui règne dans mon cœur en ce moment pesant.





























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