Dans mon atelier toujours mal rangé, combien de fois le soleil s’est-il autorisé à fendre la fenêtre sous toit pour se poser sur ta peau nue ? Combien de fois ai-je profité de cette lumière traversant tes cheveux ou contournant tes seins ?
Si j’ai été peintre, ce n’est que de toi. Par mille fois, tu as fait naître l’inspiration. Tu as ouvert mon cœur autant que tu as fait grandir mon œuvre.
Comment ne pas être sonné à l’annonce d’une telle nouvelle ? Quand tu m’as expliqué que tu quittais la ville, j’ai vu mon monde s’écrouler. Où était passée la couleur ? La tristesse qui s’est emparée de moi m’a amené à poser le pinceau. À tout jamais.
Je n’ai eu que la force de soulever un fragile fusain pour ma dernière création. J’ai voulu capturer ta beauté une ultime fois.
Mes larmes ont coulé sur le papier, mais tu es apparue entre les gouttes : assise à la petite table, profitant de ton café, plongée dans ton rituel de douceur matinal que personne n’aurait pu te voler et qui m’offrait chaque jour ton premier sourire. Sur cette feuille, a surgi ton dernier. Grâce au dessin, j’ai réussi à lui donner une place dans mon éternité.





























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